Revue cannoise, comme promis

15-24 Mai 2013, 66ème festival de Cannes
Un festival de stars en strass et paillettes,
Un festival guidé par la météo capricieuse du mois de Mai (mais le soleil prime souvent),
Un festival bercé de maxiboobs en robes fluos, de femmes panthères et nains jongleurs (dans mon imaginaire au moins),
Un festival de festivaliers accrédités, badge au coup, preuve en soi (faudrait pas qu’on croit qu’ils sont à Cannes pour rigoler),
Un festival d’escabots à cheval les uns sur les autres, reprenant leur souffle (leur souffle d’escabot, oui) avant qu’ils ne soient écrasés sous le poids des fans à chaque montée des marches,
Un festival de tapis rouge, de photographes en costard noeud pap obligatoire pour avoir l’opportunité de flasher Nicole,
Bref, Cannes, un festival de cinéma avant tout, n’est-ce pas.
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Toujours est-il que j’ai la chance de pouvoir en profiter, chaque année depuis 3 ans et que j’en suis ravie. Et, profiter est un faible mot.
Faut que je vous explique. Ma chère coloc et amie, Fanny, travaille au sein du Département Film du Bureau du Festival de Cannes depuis 4 ans (vous aurez bientôt l’occasion de lire une petite interview d’elle dans un « Son métier c’est » d’ailleurs) (encore faut-il que je m’en occupe). Depuis 3 ans, elle m’invite à passer quelques jours à Cannes, munie d’une « accrèd » (comme ils disent), qui me permet d’aller voir des tas de films et de me balader dans le Palais (en soi, ça fait pas rêver « se balader dans le palais », sauf que Fanny elle a accès à TOUT le Palais–> vous comprendrez plus loin en quoi c’est cool). Pendant 4 jours, on bouffe des films, on fait la fête (on va pas se leurrer, on fait la fête à Cannes), on échange avec les amoureux du cinéma, on touche les stars (on leur caresse les cheveux même) .. et on si on de la chance, on foule le tapis. Ahh, l’expérience du red carpet.
Je ne vous cache pas l’excitation du moment. Je me rappelle il y a encore dix ans (attention, séquence émotion), quand j’étais encore au lycée, qu’on venait en train avé les copines, pour « faire le festival » ! on se faisait un Domac et on zonait sur la Croisette. On allait un peu sur la plage pour profiter du soleil et assister aux défilés des acteurs-en-devenir qui sont sur le point de se faire repérer par un « réal » (c’est vrai que la concentration en « réals » est forte à ce moment là de l’année, ils ont raison de tout donner). Et puis on rentrait à la maison et on dormait bien le soir, car on avait vu Brad Pitt sur l’écran géant des marches derrière les vint cinq milles personnes arrivées avant nous. Et puis voilà, aujourd’hui, aussi fou que ça puisse paraître je monte les marches, I am on the red carpet, moi Cloumcloum. Vous comprendrez donc le degré d’émotion.
Et quelle montée! Du beau monde, ça envoie d’la poudre aux yeux tout ça. Le film derrière les marches (ah oui, parce que tous ces gens montent les marches pour aller voir un film à la base, hein) c’est Blood Ties le dernier film de Guillaume Canet (en hors compétition)réalisé aux Etats-Unis. Une histoire un peu clichée qui se passe dans le New York des années 70 (je crois, j’ai peut-être mal jugé l’époque hein). Deux frères, l’un est flic, l’autre un bandit. L’un pourchasse l’autre (devinez qui?). Mais le lien fraternel est plus fort que tout. À en lire mon résumé, on pourrait croire que je n’ai pas aimé (d’autant plus que le film dure 2h30). Et pourtant j’ai aimé. Le petit frenchie nous offre un beau spectacle, les images sont belles, l’histoire tient la route, le retour dans le passé est réussi. Standing ovation à la fin de la projection. On applaudit. Guillaume Canet pleure. Marion Cotillard pleure. Encore une fois, émotion.
Mais Cannes, ce n’est pas seulement la montée des marches rouges et les films en compétion pour la Palme d’or. À l’intérieur du Palais, il y a deux ou trois autres cinémas dans lesquels sont projetés les films en compétition pour Un Certain Regard, de la Quinzaine des Réalisateurs, du Short Film et de Cannes Classics. Pendant tout le festival a également lieu un des plus gros marchés du film au monde; tous les professionels du film se retrouvent à Cannes pour échanger autour du même objectif: la réussite du cinéma.
Par ailleurs, j’ai également pu voir d’autres films (dont deux en compétition en l’occurence):
- Borgman, de Alex Van Warmerdam. On m’avait avertie, ce film est spécial (dans le genre bizarre). Pour faire court, c’est l’histoire d’un homme mi-clochard (mi-clochard) (100% clochard, donc) qui parvient à s’incruster (d’une manière improbable) dans une famille à l’apparence parfaite (le papa, la maman, les enfants, la jolie maison, on s’est compris). Rien que ce résumé devrait vous donner envie de le voir, non? Bon, je ne vous en dit pas plus (de toutes façons, c’est un film néerlandais, les acteurs ne sont pas connus..) mais je vous recommande vivement d’aller le voir le jour où il sort.
- Inside Llewyn Davis, de Joël et Ethan Coen. Je sais qu’ils ont des fans. Je sais que quand on est quelqu’un de cool, on est fan des films des Frères Coen. Et je sais en plus que c’est un des films favoris de Cannes. Mais je me suis endormie. Voilà, j’avoue. Malgré la prestation incroyable du semi inconnu Isaac Oscar(bientôt connu du coup?), l’univers folk du film a eu raison de moi. Je n’ai pas détesté, pas du tout (la fin est même plutôt cool) mais j’ai trouvé ça long en fait.
- The Great Gatsby: OK, je l’ai pas vu à Cannes, mais à Saint Raphaël. Quelque part, c’est tout aussi glorieux, puisque c’est dans cette ville (clin d’oeil à mon bled, en passant) que Fitzgerald a écrit le roman (que je n’ai pas lu, mais que j’ai [très] envie de lire). Bref, je suis fan absolue de l’univers de Baz Luhrman (c’est aussi ça le cinéma, faire rêver et emporter le spectateur dans un autre monde),et même si j’ai adoré le film (notamment les séquences de fêtes), j’ai été un peu déçue de ne pas être totalement emportée (comme c’était le cas pour Moulin Rouge et Roméo+Juliet notamment). J’ai passé un bon moment, je n’étais pas scotchée mais j’ai aimé. Je crois qu’au fond j’ai un peu le même avis que mon idole Garance Doré sur ce film (à part la partie concernant son univers).
Et puisqu’on me le demande à chaque coin de rue (ah!), OUI JAI VU DES RE-STA. (Que c’est cul). Mais enfin, je vous promets que lorsque vous êtes seul dans un couloir (pas n’importe quel couloir, le fameux couloir interdit qui amène à la salle du Jury, cette zone secrète du Palais dont je vous parlais plus haut) et que tout d’un coup, Madame Kidman et Monsieur Spielberg (ouai, y’avait aussi Daniel Auteuil et toute la smala mais bon) passent sous vos yeux, ça fait quand même un petit picotement.
Dans un registre plus français, croiser M à la sortie de son concert sur la plage de la VILLA SCHWEPPES, en pleine impro de rue à 2h du mat, c’est tout aussi chouette (d’ailleurs M, si tu viens à lire mon blog (quoi, on sait jamais!?), j’ai une copine qui n’attend que toi).
Enfin, last but not least, j’ai croisé Charlie et Lulu dans la rue (non, plutôt Charlie OU Lulu, mais bon, je ne sais plus qui est qui, et de toutes façons si j’avais seulement dit Charlie ou Lulu de manière séparée vous n’auriez pas vu de qui je parlais) (alors que là, vous voyez vraiment de qui je veux parler) (indice:M6) (et là, vous vous dites que j’ai de la chance)(beaucoup de chance).
Voilà, vous savez tout. Presque tout (c’est sûr il y a des tas d’autres choses à raconter, mais c’est déjà beaucoup trop long).
Je paye quand même ma cassdédi à toute la team du festival (ok, ceux que je connais quoi), profitez de ces derniers jours, vous dormirez quand vous mourrez!
Kiss
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